Matériaux de construction et économie circulaire
La transition énergétique ainsi que le virage écologique que nous devons prendre questionnent en profondeur le monde de la construction.
Au cours de cet entre-deux évolutif, les entreprises se trouvent au centre de progrès technologiques et d’innovations, autant dans les processus que dans les matériaux, et il n’est pas toujours évident pour elles d’opérer des choix ni de s’inscrire dans ce mouvement.
De leur côté, les maîtres d’ouvrage sont influencés dans leurs décisions par l’opinion publique, les médias et les prises de positions politiques. Dans le domaine public, les autorités ont l’obligation de répondre à des critères de durabilité, mais aussi d’efficacité et de rentabilité. Cela mène parfois à une forme de radicalité dont l’aboutissement est, pour le coup, la discrimination du béton.
Cela n’a pas de sens ; les matériaux ont chacun des qualités qui font que les architectes et les ingénieurs privilégient l’un ou l’autre selon leurs projets. Dans la majorité des cas, ils conjuguent par exemple la force de l’un et la souplesse de l’autre pour optimiser la construction, ou encore, l’esthétique de l’un et la résistance intrinsèque aux éléments extérieurs de l’autre. Les cas de figure sont innombrables et c’est justement ainsi que l’on produit des bâtiments et des infrastructures fiables.
Cela peut aussi s’avérer dangereux : l’engouement renouvelé pour le bois provoque déjà en France des coupes rases qui dévastent des hectares de forêt, et les oppositions à l’extraction des minéraux constitutifs du béton mettent en péril l’industrie du béton, matériau duquel il est impossible de se passer, ne serait-ce que dans les ouvrages d’infrastructures, routes, ponts, tunnels, etc.
Dans ce contexte, le principe de l’économie circulaire est devenu un fil rouge. C’est un changement de société qu’on nous propose et cette ouverture vers un futur plus respectueux de notre environnement naturel est l’opportunité pour nos métiers de mettre en avant la qualité de leurs savoir-faire et leur technicité, mais aussi de s’inscrire dans une mouvance porteuse de créativité.