Centre de Formation à Echallens
L’exemplarité, telle a été l’ambition de la Fédération vaudoise des entrepreneurs au moment de réfléchir au projet d’un centre de formation à Echallens. Une réalisation portée par le responsable du Service CAT, Jean-François Prahin, et dirigée par le bureaux d’architectes lausannois Dettling Péléraux.
Un chantier peu commun se déroule depuis l’année passée sur le site du futur Centre de formation de la fédération, à Echallens. En quoi est-il remarquable ? Jean-François Prahin est explicite : « Il est particulier, tant dans les concepts architecturaux que dans les processus de construction – choix des matériaux et exclusivité, à une exception près, pour les entreprises locales –, ou encore dans le respect des aspects sociaux», ce dernier point pour s’assurer que les employeurs respectent les dispositions des CCT, en particulier pour tout ce qui se rapporte au paiement des cotisations sociales.
Un chantier-test pour la carte professionnelle
Maître en la demeure, il était évident que la Fédération vaudoise des entrepreneurs imposerait la carte professionnelle sur le chantier à tous les coopérateurs+ participants, et même aux entreprises qui ne lui sont pas affiliées ; dans cette optique, le projet a pu bénéficier du statut de chantier modèle. L’obligation de la carte facilite le Contrôle des chantiers. « Mais cela n’est pas suffisant, souligne Jean-François Prahin. La fédération assume son obligation de contrôle par le financement d’une entreprise de surveillance spécifiquement mandatée à cet effet, aidée en cela par la mise en place de dispositifs efficaces de clôture du périmètre. » Bien évidemment, des peines conventionnelles sont associées au processus.
Des appels d’offre et des soumissions vertueux
« Nous avons veillé au respect des règles dans les appels d’offres et dans les soumissions, en particulier dans la manière de noter les entreprises, en misant sur la qualité et pas seulement sur le prix. De façon expérimentale, nous avons introduit la notion de plausibilité du prix en utilisant un facteur de correction pour les prix jugés trop bas ou trop élevés», poursuit Jean-François Prahin.
La flexibilité d’usage en toute simplicité
Par ailleurs, il était important que la technique soit adaptée aux fonctions et à l’usage. Les installations de ventilation mécanique sont limitées, en privilégiant une aération naturelle, par exemple, pour assurer le renouvellement de l’air et éviter la surchauffe estivale ; on a également tablé sur l’inertie thermique d’un noyau central massif. Des sheds vitrés ouvrants orientés au nord pour profiter d’une lumière diurne constante, sans éblouissement et sans surchauffe, participeront à l’éclairage naturel. Ces mesures contribuent simultanément à des économies d’énergies conséquentes, sachant en outre que les ateliers qui occupent un important volume ne seront que tempérés.
la durabilité, prioritairement
Une déconstruction minutieuse des éléments des anciennes façades en béton a permis leur réemploi pour constituer les murs de la nouvelle enveloppe, devant lesquels une façade-rideau sera posée. L’ancienne charpente en bois, elle aussi déconstruite, sera employée pour la construction d’un couvert destiné à abriter les engins de chantier utilisés pour les cours de conducteurs.
On a également conservé les poutres DIN en acier qui servent de chemin de guidage pour les palans des ateliers, tout comme la structure et les cloisons de la partie administrative.
Un maître d’ouvrage responsable
Dans le contexte actuel de pénurie des matériaux et de hausses de prix extrêmement péjorantes, la fédération prend les surcoûts en charge ; « Il en va de la responsabilité du maître d’ouvrage ; ce n’est pas parce que les prix augmentent considérablement, que nous n’avons pas, en Suisse, les moyens de les assumer », conclut le chef de service.